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La valeur de marché des régimes de retraite professionnels britanniques du secteur privé à prestations définies et hybrides a diminué de 46 milliards de livres, soit 4 %, passant de 1 137 milliards à 1 091 milliards entre le 30 septembre 2025 et le 31 mars 2026, selon un bulletin semestriel publié le 1er octobre par l’Office for National Statistics (ONS). L’office attribue principalement le recul à la baisse de la valeur des actifs et, dans une moindre mesure, à la hausse des passifs autres que les prestations de retraite. Sa mesure de valeur de marché comprend les actifs des régimes, la valeur nette des contrats dérivés et les passifs non liés aux prestations. Elle ne comprend pas les engagements correspondant aux droits futurs des membres à pension et ne permet donc pas, à elle seule, de déterminer si un régime est suffisamment financé, excédentaire ou déficitaire.

Le recul n’a pas concerné toutes les catégories de régimes. La valeur de marché combinée des régimes privés à cotisations définies et des régimes publics à prestations définies et hybrides a progressé de 50 milliards de livres, soit 5 %, sur la même période, de 1 001 milliards à 1 051 milliards. L’ONS attribue principalement cette hausse à la valeur accrue des investissements directs des deux groupes ; l’augmentation des véhicules de placement collectif détenus par les régimes publics y a également contribué. Les investissements directs des régimes publics à prestations définies et hybrides ont augmenté de 25 milliards de livres, ou 10 %, tandis que ceux des régimes privés à cotisations définies ont progressé de 17 milliards, ou 21 %. Ces évolutions de sens opposé montrent qu’un chiffre unique sur les « actifs de retraite britanniques » peut masquer des mouvements différents selon le type de régime.

Au sein des régimes privés à prestations définies et hybrides, la valeur totale des actifs a baissé de 39 milliards de livres, soit 3 %, en six mois. La plus forte baisse par composante a concerné les véhicules de placement collectif, en recul de 24 milliards, ou 6 %. L’ONS relie cette baisse aux variations de valeur de marché des fonds mixtes et d’actions, notamment aux pertes non réalisées, ainsi qu’à d’autres changements comme les arriérés de revenus ; elle indique que le recul a touché des régimes de tailles diverses. La valeur des actifs directs a diminué de 3 milliards de livres. Sur la période, le rendement des obligations d’État britanniques à dix ans est passé de 4,15 % à 4,37 %. Les rendements obligataires évoluant en sens inverse des prix, l’ONS indique que cette hausse a pu contribuer au recul des véhicules collectifs, sans l’établir comme cause unique. La valeur de ces véhicules détenus par les régimes privés reste inférieure aux niveaux antérieurs au début de la hausse du taux directeur depuis son plancher historique en 2022.

Les contrats d’assurance constituent un autre poste notable du bilan. Les actifs correspondants détenus par les régimes à prestations définies et hybrides étaient passés de 119 milliards de livres au 30 septembre 2023 à un pic de 190 milliards au 30 septembre 2025. En mars 2026, ils avaient diminué de 12 milliards, ou 6 %, à 178 milliards. Dans la définition de l’ONS, ce poste comprend les rentes et rentes différées liées aux buy-ins et aux swaps de longévité ; la note du graphique mentionne aussi l’assurance liée aux prestations de décès. Les polices sont comptabilisées comme actifs du régime et peuvent couvrir une partie des engagements de retraite. Dans un buy-in, les membres restent dans le régime tandis que ses administrateurs détiennent la police et restent responsables du paiement des pensions. Dans un buy-out, les droits concernés et les actifs peuvent être transférés à un assureur. L’ONS explique la volatilité des valeurs par le caractère parfois peu fréquent des transactions et par le transfert possible d’un actif du secteur des retraites vers l’assureur lors d’un buy-out. L’office estime que des contributions de réduction du déficit relativement faibles, associées à la hausse antérieure des actifs d’assurance, peuvent indiquer une meilleure situation de financement ; toutefois, le bulletin ne publie pas de niveaux de financement, il ne s’agit donc ni d’un calcul ni d’une conclusion sur ce sujet.

Les paiements aux membres des régimes à cotisations définies affichent une progression de plus longue durée. Le total trimestriel des prestations versées par les régimes privés de ce type est passé de 0,4 milliard de livres au troisième trimestre 2019, début de la série, à 1,2 milliard au premier trimestre 2026. La majeure partie de la hausse provient des prestations en capital, en particulier au cours des trimestres récents. Celles-ci ont atteint une moyenne de 0,99 milliard de livres par trimestre entre le troisième trimestre 2024 et le premier trimestre 2026, soit la moyenne de période la plus élevée de la série de l’ONS. À titre de comparaison, leur moyenne était de 0,59 milliard entre le quatrième trimestre 2022 et le deuxième trimestre 2024, et de 0,43 milliard entre le premier trimestre 2021 et le troisième trimestre 2022. Dans un régime à cotisations définies, le capital retraite dépend des cotisations, des rendements et frais d’investissement, ainsi que du mode de versement choisi à la retraite. La hausse des prestations versées ne doit donc pas être interprétée à elle seule comme une évolution du revenu futur à la retraite. Les versements en capital peuvent aussi inclure des prestations de décès.

Les estimations proviennent de l’enquête financière trimestrielle de l’ONS sur les régimes de retraite (FSPS), qui recueille des informations sur les membres, les revenus et dépenses, les transactions, les actifs et les passifs. Tous les régimes professionnels destinés aux salariés du secteur privé sont couverts, tandis que le volet public inclut les régimes financés, comme le régime des collectivités locales, mais exclut les dispositifs non financés des fonctionnaires, enseignants et employés du NHS. Les résultats sont présentés en trois catégories : régimes publics à prestations définies et hybrides, régimes privés à prestations définies et hybrides, et régimes privés à cotisations définies. L’ONS précise que l’expression « régimes des salariés du secteur public » désigne techniquement les régimes gérés par l’État.

La FSPS tire un échantillon aléatoire stratifié du registre de The Pensions Regulator selon le type de prestation et la taille des régimes, puis pondère les réponses en tenant compte de la non-réponse. Tous les régimes publics financés, les régimes privés à prestations définies et hybrides de plus de 10 000 membres et les régimes privés à cotisations définies de plus de 25 000 membres sont inclus dans l’échantillon ; les régimes plus petits y sont représentés par échantillonnage. Un nouvel échantillon a été utilisé pour les données du troisième trimestre 2025. L’ONS prévient que les estimations des trimestres suivants pourraient faire l’objet de révisions plus importantes et que cet échantillon sera utilisé pendant au moins six trimestres. Lors de la dernière collecte, les taux de réponse étaient de 86,8 % au quatrième trimestre 2025 et de 84,8 % au premier trimestre 2026. Les réponses tardives et les nouvelles informations sur les périodes antérieures peuvent entraîner des révisions, mais les estimations jusqu’au premier trimestre 2025 ne seront plus révisées. Le bulletin paraît désormais tous les six mois, avec une publication environ deux trimestres après la période de référence. La série est classée par l’ONS comme statistique officielle accréditée. Malgré cela, les estimations d’enquête comportent une variabilité d’échantillonnage et l’enquête ne chiffre pas le nombre de régimes, en raison de la volatilité de l’échantillon des petits régimes. Les résultats décrivent la valeur de marché des actifs et les flux de prestations ; ils ne démontrent pas que les actifs couvrent l’ensemble des droits à pension des membres.