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Le conseil d’administration du FMI a achevé le 30 septembre les troisième et quatrième revues combinées des accords de facilité élargie de crédit (FEC) et de facilité pour la résilience et la durabilité (FRD) de Madagascar. Il a autorisé un décaissement immédiat de 114,052 millions de droits de tirage spéciaux (DTS) : 73,32 millions au titre de la FEC et 40,732 millions au titre de la FRD. La décision ouvre l’accès au financement, sans confirmer que la totalité est arrivée au Trésor. Le DTS est un actif de réserve du FMI, non le dollar américain ou l’ariary. Chaque accord dure 36 mois et a été approuvé en juin 2024.

La croissance du PIB réel est estimée à 3,1 % en 2025, sous les 4 % de la deuxième revue antérieure. Elle est projetée à 3,8 % en 2026, valeur que le FMI relie à la reconstruction après les cyclones et au plan de relance gouvernemental. Le chiffre de 2025 est une estimation du tableau, pas un résultat définitif des comptes nationaux ; celui de 2026 est une projection. La contribution réelle de la reconstruction à la croissance mesurée ne pourra être évaluée qu’après la publication de statistiques nationales ultérieures. Présenter ces projections comme des résultats exagérerait ce qui est connu des effets économiques de la catastrophe et de la performance du programme.

Le déficit courant, dons compris, est indiqué à 6,0 % du PIB en 2025 et à 8,3 % en 2026, cette dernière valeur étant une prévision. Le FMI cite la hausse du pétrole, les importations liées aux cyclones et les dommages miniers parmi les raisons de son élargissement. Les coupures d’électricité et pénuries d’eau contraignent aussi la production et les services aux ménages. Ces conditions peuvent affecter simultanément coûts d’importation, besoins en devises et demandes adressées au budget ; le communiqué identifie des risques sans estimation causale séparée. Les perspectives ne se lisent donc pas uniquement à travers les dépenses de reconstruction.

Les recettes fiscales ont été inférieures aux attentes. Le FMI indique que Madagascar a manqué le critère de solde primaire de fin juin 2025, puis pris des mesures correctives et respecté tous les critères de fin décembre. Il demande de revoir les exonérations, renforcer les administrations fiscales et douanières et appliquer les mesures du budget supplémentaire de 2026. Des recettes plus élevées pourraient dégager de l’espace pour des dépenses sociales et favorables à la croissance, mais les méthodes de collecte et leurs effets sur les ménages modestes comptent également. Le communiqué ne dit pas que les réformes sont déjà appliquées ni que des recettes supplémentaires ont été encaissées. La décision poursuit un programme révisé sans effacer les difficultés antérieures d’exécution.

Les mesures énergétiques et climatiques forment un autre volet du programme. Le FMI appelle à appliquer le plan de redressement de JIRAMA pour fiabiliser l’électricité et l’eau tout en limitant le recours au budget de l’État. Le mécanisme automatique de prix des carburants doit être pleinement appliqué d’ici janvier 2027, parallèlement à une protection ciblée des groupes vulnérables ; un ajustement tarifaire ne garantit pas à lui seul l’efficacité. Madagascar a adopté son premier budget vert et une stratégie nationale de financement climatique, mais certaines réformes de la FRD ont pris du retard. Un financement autorisé ne prouve pas l’achèvement de projets et le communiqué ne fournit pas de dépenses ni résultats par projet.

Les indicateurs doivent garder leurs périodes et statuts : croissance estimée de 3,1 % en 2025, projetée à 3,8 % en 2026 ; déficit courant estimé à 6,0 % en 2025 et projeté à 8,3 % en 2026. Achèvement de la revue, décaissement effectif et résultats des réformes sont des étapes distinctes. Les évaluations futures devront suivre séparément comptes nationaux, exécution budgétaire, services d’électricité et d’eau, et mesures climatiques. Le communiqué du FMI rassemble ces sujets mais ne publie pas d’indicateur unique pour les mesurer. Cet article restitue le communiqué et son tableau sans qualifier la décision de financement d’amélioration économique déjà obtenue.