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Dans un diagnostic du secteur privé à Djibouti publié le 13 septembre, le Groupe de la Banque mondiale estime que des réformes réglementaires et des compétences pourraient débloquer au moins 600 millions de dollars d’investissement privé dans le solaire, les centres de données et le tourisme sur cinq ans, ainsi qu’environ 12 000 emplois. Ces montants désignent des possibilités liées aux changements de politique décrits, pas un financement déjà affecté à des projets prêts. Le communiqué ne les présente ni comme des engagements signés ni comme des emplois vérifiés.
Le rapport part de la position économique et des infrastructures existantes du pays. Djibouti se trouve à proximité de grandes routes maritimes et sert de principal débouché maritime à l’Éthiopie. La Banque mondiale indique que l’économie a progressé de 5,3 % par an en moyenne entre 2016 et 2024 et que le pays a attiré d’importants investissements étrangers dans les ports. Les coûts élevés de l’électricité, l’accès limité au financement, le manque de compétences et les restrictions de concurrence dans certains secteurs freinent toutefois l’expansion du privé.
Dans le solaire, le rapport indique que des investisseurs privés ont déployé environ 10 mégawatts de capacité hors réseau depuis 2022. Le tarif commercial de l’électricité mentionné est de 25 cents américains par kilowattheure, contre 14 cents en moyenne régionale en Afrique. L’écart montre que l’énergie pèse lourd dans les coûts des entreprises. La Banque cite l’augmentation des plafonds d’autoproduction, la clarification des contrats d’achat d’électricité, le renforcement de la régulation et la formation comme des mesures pouvant attirer des investissements.
Dans ces conditions, le solaire hors réseau pourrait attirer jusqu’à 390 millions de dollars et créer plus de 8 500 emplois en cinq ans, selon le diagnostic. Les réserves de langage comptent : le rapport ne dit pas que cet argent a déjà été investi ni que 8 500 est un décompte définitif des emplois. Le chiffre de 10 mégawatts ne désigne pas toute la production renouvelable nationale ; il concerne des installations hors réseau déployées depuis 2022.
Huit câbles sous-marins en service relient l’Asie, l’Europe et l’Afrique via Djibouti, et la capacité actuelle des centres de données approche de la saturation. Le rapport identifie entre 160 et 240 millions de dollars d’investissement potentiel et entre 700 et 1 300 emplois supplémentaires si les problèmes de régulation, d’approvisionnement en électricité et d’accès au marché sont réglés. Les câbles existants sont un atout, mais le communiqué ne dit pas que de nouveaux centres sont financés ou que leur capacité sera forcément construite.
Pour le tourisme, le diagnostic cite les paysages lacustres, les formations naturelles et la vie marine comme attraits possibles. Il estime que des changements concernant les licences, les données et les compétences pourraient transformer l’intérêt des investisseurs en capital engagé. Il présente ainsi un potentiel de 66 à 180 millions de dollars d’investissement et de 2 600 emplois. Ces montants ne dénombrent ni hôtels terminés, ni nouvelles lignes ouvertes, ni recrutements accomplis ; ils décrivent des opportunités conditionnelles.
Le chiffre global avancé par la Banque mondiale est d’au moins 600 millions de dollars d’investissements privés potentiels et d’environ 12 000 emplois dans les trois secteurs. Comme les valeurs sectorielles comprennent des plafonds et des fourchettes, les additionner pour fabriquer un total plus exact serait trompeur. Le rapport décrit des obstacles pour les investisseurs ; il n’annonce pas les décisions d’investisseurs nommés ni l’inscription de ces sommes dans des budgets publics.
Pour suivre les progrès, il faudra mesurer les raccordements solaires hors réseau effectivement réalisés, les tarifs, la capacité des centres de données, les délais d’autorisation, les engagements de capitaux et les emplois durables. Ces indicateurs permettront de voir si les possibilités deviennent des projets. Le diagnostic sélectionne trois secteurs et décrit les réformes requises ; les résultats d’investissement devront être vérifiés par la mise en œuvre et des données ultérieures des entreprises.
