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La société canadienne Nouveau Monde Graphite (NMG) a annoncé le 7 octobre avoir mis au point avec des chercheurs de l'Université McGill un procédé de revêtement pour matériau d'anode. Elle estime que le remplacement du brai pétrolier conventionnel par un revêtement biosourcé pourrait réduire les émissions de portée 1 de 130 kilogrammes d'équivalent CO₂ par tonne de graphite sphérique purifié et revêtu (CSPG). Il s'agit d'une estimation de l'entreprise, et non d'un résultat vérifié indépendamment. NMG précise que ce chiffre concerne les émissions directes du procédé et ne constitue pas une évaluation complète de l'empreinte carbone du produit sur l'ensemble de son cycle de vie.

Les travaux ont été menés dans le cadre d'une collaboration lancée en 2020 pour faire progresser des technologies de matériaux de batterie à moindre impact environnemental. L'équipe de recherche et développement de NMG et des chercheurs de McGill en science des matériaux et en génie métallurgique visaient à employer des matières premières disponibles et un procédé compatible avec les équipements de fabrication existants. NMG indique avoir déposé une demande de brevet et bénéficier d'une exclusivité commerciale pour tout usage futur de la technologie. Le projet a d'abord reçu un soutien du Programme de soutien à la recherche et à l'innovation minières du Québec, puis une subvention du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada. Ces éléments décrivent la recherche et son financement; ils ne signifient pas qu'une production commerciale a commencé.

Selon NMG, les essais électrochimiques ont suivi le protocole d'un fabricant de cellules de premier plan. L'entreprise rapporte des résultats équivalents en matière de capacité, d'efficacité au premier cycle et de recharge rapide. Les essais ont toutefois été menés à l'échelle du laboratoire. Les prochaines étapes prévues comprennent des essais comparatifs de cyclage à long terme, l'évaluation d'autres types de matériaux et, enfin, une campagne de validation avec des équipements industriels. Une demande de brevet a été déposée; il ne faut pas la présenter comme un brevet délivré ou une validation industrielle achevée. Le passage à l'échelle devra encore vérifier l'uniformité du revêtement, le rendement du procédé, les coûts et la performance des cellules en conditions de production.

L'estimation de 130 kg éq. CO₂ par tonne de CSPG porte sur les émissions directes de portée 1. NMG précise que les travaux de réduction des émissions de portées 2 et 3 se poursuivent, mais que ces catégories ne sont pas incluses dans le chiffre annoncé. Celui-ci ne démontre donc pas à lui seul l'intensité carbone totale du graphite, les émissions d'une batterie sur sa durée de vie ou l'avantage environnemental d'un produit commercial. De telles conclusions nécessiteraient des limites de système définies, des méthodes et données publiées, une analyse indépendante du cycle de vie et des mesures à l'échelle de production. Une comparaison devrait aussi retenir les mêmes limites de procédé et la même unité de sortie.

Si le procédé est validé et adapté à la production, il pourrait réduire l'emploi de brai et les émissions directes lors de l'étape de revêtement. NMG inscrit cette recherche dans son projet de chaîne d'approvisionnement au Québec, reliant une mine au graphite transformé. La société indique aussi que la construction de la mine Matawinie est en cours et qu'elle vise une décision d'investissement dans les prochains mois pour une usine de matériaux de batterie à Bécancour conçue pour produire 13 000 tonnes par an. Ces étapes distinctes ne signifient pas que le procédé de revêtement est commercialisé. Les prochains éléments probants seront les résultats des essais de cellules à long terme et la démonstration d'une performance reproductible sur des équipements pilotes ou industriels.