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La note sur la pauvreté et l’équité publiée par la Banque mondiale le 9 octobre 2026 décrit un écart entre la vigueur de la croissance et le bien-être des ménages en République démocratique du Congo. Le produit intérieur brut réel a progressé de 5,7 % en 2025 et la Banque prévoit une croissance supérieure à 5 % jusqu’en 2028. Ces chiffres portent sur la production totale. Ils ne montrent pas que les revenus des ménages augmentent au même rythme ni que la pauvreté reculera rapidement.

Le principal constat structurel de la note est que la croissance repose sur une base d’emploi étroite. Les industries extractives génèrent plus de 36 % du PIB et 99 % des exportations, mais ne représentent que 2,5 % des emplois. La hausse de la production minière et des exportations peut ainsi accroître les recettes extérieures et la production globale sans créer autant d’emplois pour l’ensemble des personnes qui en cherchent. Ces parts décrivent le poids du secteur, pas la rentabilité ou les recettes fiscales de chaque mine.

Les chiffres des ménages doivent aussi être lus selon les méthodes de mesure. La Banque indique que 69,1 % de la population vivait sous le seuil national de pauvreté dans l’enquête ECVM 2024. Au seuil international de 3 dollars par jour, l’enquête de 2020 donnait un taux de 85,3 % ; la note estime celui de 2026 à environ 80,5 %. Il ne s’agit pas d’observations de la même année. La valeur de 2026 est une estimation et l’évolution des enquêtes limite les comparaisons directes.

Le profil du marché du travail précise le défi d’une croissance plus inclusive. L’agriculture occupe 58,4 % des travailleurs, tandis que 26,1 % seulement ont un emploi salarié. Même parmi les salariés, 65,8 % restent sous le seuil national de pauvreté. Ces chiffres montrent qu’un emploi ne garantit pas, à lui seul, un revenu suffisant ni une sécurité économique. La Banque relève les obstacles d’accès aux marchés et aux infrastructures, les coûts de transport, le financement et la qualité des services.

La note préconise de préserver la stabilité macroéconomique tout en développant l’emploi productif, le capital humain et la productivité des secteurs où travaillent de nombreux ménages pauvres. Le taux international s’appuie sur une observation de 2020 et une estimation de 2026, tandis que la mesure nationale porte sur 2024 ; périodes et méthodes diffèrent, et ne forment pas une série continue. La note ne présente ni la prévision comme un résultat acquis ni les parts sectorielles comme une preuve de création d’emplois.