Détails de l’article
Dans son évaluation post-financement datée du 29 septembre, le Fonds monétaire international (FMI) décrit les effets à court terme du conflit au Moyen-Orient sur le tourisme et la croissance aux Seychelles. Le Fonds indique que les arrivées de visiteurs ont diminué surtout de mars à juin, avant les premiers signes d’une reprise au cours des mois suivants. L’évaluation met en évidence les canaux par lesquels un choc extérieur atteint une économie insulaire : le tourisme, le commerce extérieur et les prix internationaux des produits de base. Elle ne dit pas que l’évolution du tourisme a provoqué une baisse de même ampleur dans tous les secteurs domestiques.
Le FMI estime la croissance réelle du produit intérieur brut à 5,8 % en 2025 et prévoit 1 % pour 2026. Ces deux chiffres n’ont pas le même statut : le taux de 2025 décrit l’année précédente, tandis que celui de 2026 est une projection établie au moment de l’évaluation. Le FMI indique que le recul des arrivées a pesé sur l’activité à court terme, tout en constatant les premiers signes d’une reprise ultérieure. Le taux de 1 % est donc la prévision annuelle de l’institution à cette date, et non un résultat définitif des comptes nationaux.
L’inflation est restée à 0,9 % jusqu’en août. Le FMI l’attribue aux subventions acheminées par des entreprises publiques afin de limiter la répercussion des hausses internationales des produits de base sur les marchés intérieurs. Cette politique peut atténuer l’augmentation des prix à la consommation à court terme, mais elle ne supprime pas la dépense sous-jacente. Le Fonds indique que ces subventions ont détérioré les bilans de certaines entreprises publiques et réduit leurs versements de dividendes au budget. La stabilité des prix et la santé financière des entreprises publiques doivent donc être examinées ensemble.
Sur le plan extérieur, le FMI indique que la roupie seychelloise est restée globalement stable face au dollar américain et que les réserves de la banque centrale couvrent environ quatre mois d’importations. L’évaluation estime également que les tensions dans le secteur financier sont restées limitées. Ces indicateurs suggèrent que les marges de sécurité ont été préservées pendant le choc, et non que le pays a connu une crise immédiate de paiements extérieurs. Quatre mois de couverture des importations ne sont pas le montant des réserves lui-même : si la facture d’importation change, le même stock peut couvrir une période plus courte ou plus longue.
Le recul du tourisme et les subventions de prix peuvent affecter le budget et les entreprises publiques par des canaux différents. Un nombre moindre de visiteurs peut réduire les recettes d’exportation de services, tandis que les entreprises publiques peuvent absorber une partie de la hausse des coûts des produits subventionnés. Le communiqué du FMI ne chiffre pas séparément ces deux effets. Il ne permet donc pas d’établir un nouveau montant de recettes touristiques perdues, de pertes d’entreprises ou de déficit budgétaire. Les constats énoncés sont plus limités : les bilans de certaines entreprises publiques se sont détériorés et leurs dividendes versés à l’État ont diminué.
Le communiqué indique que l’équipe du FMI a visité Victoria du 21 au 30 septembre, alors que le document est daté du 29 septembre. La source n’explique pas cette séquence. La date de fin de mission et la date de publication affichée ne doivent donc pas être présentées comme un seul événement. Le Fonds indique que son Conseil d’administration devrait examiner l’évaluation post-financement des Seychelles pour 2026 en décembre. Il s’agit d’une discussion prévue, pas d’une décision du Conseil ni de l’approbation d’un nouveau financement.
L’évaluation analyse la résilience des Seychelles à travers le tourisme, l’inflation, le taux de change et les réserves, des signaux distincts pour une petite économie exposée à l’extérieur. Une déclaration unique du FMI ne permet pas de savoir si le rebond ultérieur des arrivées durera ou quand les subventions pourraient évoluer. De futures données sur les visiteurs, les exportations de services, les comptes des entreprises publiques et la couverture des réserves permettraient de comparer plus précisément projections et résultats. C’est pourquoi le chiffre de croissance 2026 de cet article est explicitement présenté comme une prévision.
Une évaluation post-financement du FMI examine les politiques d’un membre, la viabilité de son cadre économique à moyen terme et sa capacité à rembourser le Fonds. Ce processus n’équivaut pas à un nouveau programme de prêt. Le communiqué actuel ne présente ni nouvelle enveloppe de crédit ni approbation du Conseil ; il résume les conclusions de la surveillance après financement. Cette distinction évite de prendre l’évaluation du FMI pour un nouvel engagement financier. Les prochaines mises à jour pourront réviser les projections de croissance, de balance extérieure ou de risque budgétaire et devront être vérifiées selon leur propre date de publication.


