Détails de l’article
Les données annuelles publiées par Statistique Canada le 1er octobre 2026 montrent que les inscriptions dans les collèges et universités publics du Canada sont restées presque stables durant l’année scolaire 2024/2025, alors que le nombre de diplômés a fortement augmenté sur une autre période. L’organisme a dénombré 2,3 millions d’inscriptions au total, en hausse de 0,1 %, soit 3 174, par rapport à l’année précédente. Les inscriptions d’étudiants internationaux ont diminué de 6,9 %, soit 39 582, tandis que celles des étudiants canadiens ont augmenté de 2,1 %, ou 37 626. Ces évolutions ont eu lieu simultanément ; la publication ne fournit pas d’estimation causale attribuant le recul à une seule politique ou à un seul facteur.
Statistique Canada précise que 2024/2025 est la première année scolaire où se reflètent les effets d’une année sur l’autre des changements fédéraux annoncés en janvier 2024, notamment le plafond temporaire des nouveaux permis d’études internationaux. Cette précision situe les données dans leur contexte politique, mais ne démontre pas à elle seule quelle part du recul est due au plafond. L’organisme rappelle aussi que les inscriptions internationales ont largement contribué à la croissance globale pendant la décennie précédente. Toutefois, les inscriptions provenant de Chine diminuaient déjà depuis 2020/2021, avant les annonces de 2024. Cette tendance antérieure et les écarts selon les établissements et les domaines invitent à éviter une explication monocausale.
Le recul a été plus marqué dans les collèges que dans les universités : les inscriptions internationales ont baissé de 22 323, soit 7,7 %, dans les collèges et de 17 259, ou 6,1 %, dans les universités. Dans le même temps, les inscriptions d’étudiants canadiens ont augmenté de 16 647, ou 2,7 %, dans les collèges et de 20 976, ou 1,8 %, dans les universités. L’Ontario a enregistré les plus fortes baisses provinciales d’inscriptions internationales : 28 875, ou 13,6 %, dans les collèges et 7 455, ou 6,7 %, dans les universités. La Colombie-Britannique a connu la deuxième baisse universitaire (5 346, ou 10,6 %) et le Manitoba la deuxième baisse collégiale (732, ou 13,4 %).
Par pays de citoyenneté, les inscriptions en provenance de l’Inde ont reculé de 26 550, soit 11,9 % ; celles de Chine de 4 368, ou 6,6 % ; et celles des Philippines de 3 654, ou 18,6 %. Les étudiants de ces trois pays représentent 83,4 % de la baisse totale des inscriptions internationales. La santé constitue une exception notable par domaine : les inscriptions internationales ont augmenté de 1 524, ou 6,9 %, dans les collèges et de 309, ou 3,0 %, dans les universités. Les affaires et l’administration ont affiché les plus fortes baisses, de 16 089, ou 12,7 %, dans les collèges et de 5 283, ou 8,2 %, dans les universités. Les inscriptions canadiennes ont progressé dans plusieurs domaines, dont le génie, les mathématiques et l’informatique à l’université, ainsi que la santé et les métiers dans les collèges.
Les données sur les diplômés portent sur l’année civile 2024, et non sur l’instantané des inscriptions de 2024/2025. Le nombre de diplômés des établissements postsecondaires publics ayant obtenu un certificat, un diplôme ou un grade a atteint 724 071, en hausse de 61 197, ou 9,2 %, par rapport à 2023. La plus forte contribution individuelle vient des diplômés internationaux des collèges, dont le nombre a augmenté de 44 328, ou 31,3 %. Les diplômés canadiens ont aussi progressé pour la première fois depuis 2021, de 6 534, ou 3,8 %, dans les collèges et de 651, ou 0,2 %, dans les universités. Il ne faut pas assimiler ces diplômés aux étudiants inscrits la même année : l’un compte les sorties sur une année civile, l’autre est une photographie automnale des inscriptions.
Par niveau d’études, 289 530 personnes ont obtenu en 2024 un diplôme de programmes tertiaires de cycle court, contre 229 176 au niveau du baccalauréat ou équivalent. Les diplômés du cycle court ont été plus nombreux pour la deuxième année consécutive. Les diplômés internationaux représentaient 55,5 % des diplômés de ce cycle en 2024, contre 7,5 % en 2009. Statistique Canada indique que ce profil concorde avec des travaux antérieurs selon lesquels certains programmes d’un an peuvent offrir aux étudiants internationaux une voie plus rapide vers l’admissibilité au permis de travail postdiplôme que les diplômes plus longs. Les chiffres seuls ne démontrent toutefois ni les raisons du choix d’un programme ni l’effet des changements de politique sur le total des diplômés.
Les notes méthodologiques sont essentielles. Les inscriptions correspondent à une seule date d’observation à l’automne, choisie par chaque établissement entre le 30 septembre et le 1er décembre, et comptent les programmes plutôt que les étudiants uniques. Une personne inscrite à plusieurs programmes à cette date peut donc être comptée plusieurs fois. Les apprentis sont exclus. Cette photographie peut avoir davantage d’effet sur les collèges, qui accueillent des admissions continues et offrent des programmes plus courts. Les diplômés sont, eux, comptés par année civile. Statistique Canada précise que les chiffres sont arrondis, que les cellules sont aléatoirement arrondies à la base trois, que certaines données d’établissement sont préliminaires ou estimées et que les séries sont révisées chaque année. Les totaux peuvent différer de la somme des composantes. Le taux de réponse du PSIS était de 96,8 % en 2024/2025.


