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ADI Foundation et Tokinvest, basée à Dubaï, ont signé le 6 octobre un protocole d’accord portant sur la tokenisation d’actifs réels, l’émission d’actifs numériques et le règlement par blockchain. Leur premier objectif annoncé est un produit tokenisé de 100 millions de dollars adossé à des sukuk existants d’émetteurs des Émirats. L’annonce présente ce montant comme une cible de taille d’actif, et non comme une émission achevée, un engagement d’investissement ou une vente de titres. La mise en œuvre dépend d’une structuration par des partenaires de distribution réglementés et d’une évaluation de la viabilité commerciale et réglementaire.
L’accord réunit des fonctions distinctes. ADI Foundation fournit l’infrastructure ADI Chain pour l’émission, l’exploitation et le règlement d’actifs numériques, ainsi qu’un portefeuille d’actifs réels potentiels. Tokinvest indique assurer la structuration, l’émission, l’intégration des investisseurs et la distribution ; la plateforme est basée à Dubaï et WAM la décrit comme réglementée par l’Autorité de régulation des actifs virtuels (VARA). Le produit envisagé tokeniserait des sukuk existants, ce qui ne signifie pas qu’un nouvel emprunt souverain sera émis. Les parties veulent également étudier le crédit privé, les fonds et d’autres actifs générateurs de revenus.
Un protocole d’accord n’équivaut pas à un produit achevé et proposé aux investisseurs. Le compte rendu de WAM ne précise ni date d’émission, ni rendement, ni échéance, ni portefeuille de sukuk sous-jacent, ni critères d’éligibilité des investisseurs, ni canal de vente, ni taille finale. Sans ces conditions, l’objectif de 100 millions de dollars ne peut être interprété comme des titres déjà offerts au marché ou un financement déjà levé. Le format tokenisé ne change pas à lui seul la nature économique de l’actif sous-jacent ni les obligations de l’émetteur ; les droits de propriété, la conservation, le défaut, le transfert et le règlement des litiges dépendent de la structure juridique finale.
La distribution numérique pourrait élargir l’accès à des titres existants et rendre les procédures de règlement programmables, sans garantir une hausse de la liquidité ou une baisse des coûts. Une couche de registre distribué ne remplace pas les exigences d’émission réglementée ni la protection des investisseurs. Des indicateurs concrets d’avancement seraient les autorisations réglementaires, l’identification des sukuk retenus, les documents d’offre formels, le montant effectivement émis et les conditions du marché secondaire. L’annonce actuelle établit un cadre de coopération et l’objectif initial de 100 millions de dollars ; elle ne prouve ni l’achèvement d’une émission ni l’existence d’une demande d’investisseurs. La transparence sur les frais et les risques de liquidité sera également nécessaire pour évaluer le produit.


