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Le ministre soudanais de l’Agriculture et de l’Irrigation, Ismat Qurashi, a déclaré lors d’un briefing le 8 octobre que la production de la dernière campagne achevée s’élevait à environ 5,8 millions de tonnes. Sudan News Agency (SUNA) a publié le compte rendu le 9 octobre. Le ministre a également cité 24 millions de feddans comme surface récoltable pour la campagne estivale en cours et porté la surface indicative totale à environ 31 millions de feddans, contre une estimation initiale de 25 millions. Ces chiffres ne mesurent pas la même chose : une production passée et des estimations de surface pour la campagne actuelle.
L’augmentation de la surface indicative montre que les responsables ont ajouté des localités à la planification saisonnière. Qurashi l’a attribuée à l’intégration de localités accessibles du Kordofan du Nord et du Sud dans la production ainsi qu’aux informations transmises par les États. Les 31 millions de feddans ne correspondent pas à une mesure des terres semées ou récoltées et ne doivent pas être présentés comme une prévision de production. L’estimation distincte de 24 millions de feddans récoltables est également un chiffre de planification, non une mesure définitive des récoltes effectives.
Le financement constitue un autre intrant opérationnel cité lors du briefing. Le ministre a évalué à environ 700 milliards de livres soudanaises le financement de la première phase de la campagne estivale par la Banque agricole. Le communiqué ne précise pas quelle part a été versée en espèces aux agriculteurs ni comment les ressources ont été réparties entre cultures et États. Dans une économie confrontée à une forte inflation et à la volatilité du taux de change, un montant nominal en livres ne se traduit pas directement en pouvoir d’achat réel ou en volume de semences, d’engrais et de carburant.
Qurashi a indiqué que l’agriculture pluviale représentait environ 95 % de la surface cultivée. Cette proportion souligne la dépendance de la production au calendrier et à la répartition des pluies, ainsi qu’à l’accès aux intrants en dehors des périmètres irrigués. Pour de nombreux agriculteurs, les résultats de la campagne peuvent dépendre des précipitations, de la disponibilité des semences et des engrais et du transport des intrants vers les exploitations. Le briefing ne fournit pas de résultats de pluviométrie ou de rendement par État pour la campagne actuelle ; la proportion nationale ne permet donc pas à elle seule de déterminer si la production progresse.
Le ministre a aussi déclaré que les importations d’aliments pour animaux étaient autorisées et que le gouvernement n’avait pas décidé de rouvrir les exportations de maïs. Ce sont des orientations concernant l’approvisionnement intérieur et l’équilibre des prix ; le compte rendu ne constitue pas une mesure indépendante des prix de marché, des stocks ou d’un déficit d’approvisionnement. La production de la campagne précédente ne renseigne pas non plus sur les conditions d’accès ou la composition des cultures dans chaque région.
Le suivi de la campagne nécessitera des mesures réelles des surfaces semées et récoltées, ainsi que des rendements par culture, des précipitations, des décaissements de crédit et des prix de marché. Le reportage de SUNA documente les indicateurs de surface et de financement présentés par le gouvernement. Les 31 millions de feddans indicatifs ne sont pas une production réalisée ; les quelque 5,8 millions de tonnes sont le chiffre de production cité par le ministre pour la campagne précédente.



