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Les premiers comptes sectoriels publiés par Eurostat le 2 octobre 2026 montrent que le taux d’épargne des ménages de la zone euro est passé de 14,4 % à 14,2 % au deuxième trimestre. Sur la même période, la part des profits des sociétés non financières a progressé de 38,4 % à 39,0 %. Ces deux indicateurs portent sur des secteurs différents et reposent sur des numérateurs et dénominateurs distincts. Le premier mesure la fraction du revenu disponible des ménages qui n’est pas consacrée à la consommation ; le second mesure la part de la valeur ajoutée créée par les entreprises qui rémunère le capital. Il ne faut donc ni les additionner en un indicateur unique de revenu des ménages et des entreprises, ni les comparer comme s’ils décrivaient la même réalité. Les chiffres proviennent de la première publication des comptes sectoriels trimestriels européens corrigés des variations saisonnières.
La baisse du taux d’épargne s’explique par une hausse de la consommation des ménages plus rapide que celle du revenu disponible brut : au deuxième trimestre, la consommation a progressé de 1,3 % sur un trimestre et le revenu disponible brut de 1,1 %. Ces taux de croissance ne sont pas des variations du taux d’épargne ; ils mesurent l’évolution de deux flux distincts par rapport au trimestre précédent. Eurostat définit le taux d’épargne des ménages comme l’épargne brute divisée par le revenu disponible brut, ce dernier étant ajusté de la variation des droits nets des ménages sur les réserves des fonds de pension. Le taux augmente lorsque le revenu disponible croît plus vite que la dépense de consommation finale et subit une pression à la baisse lorsque la consommation progresse plus rapidement. Selon cette définition, 14,2 % ne représente pas la part des liquidités détenues par les ménages sur leurs comptes bancaires.
Du côté des entreprises, la part des profits des sociétés non financières est passée de 38,4 % à 39,0 %. Eurostat définit cet indicateur comme l’excédent brut d’exploitation divisé par la valeur ajoutée brute. Au deuxième trimestre, la valeur ajoutée brute a augmenté de 2,0 % sur un trimestre, tandis que la rémunération des salariés, y compris les salaires et cotisations sociales patronales, augmentée des impôts et diminuée des subventions sur la production, a progressé de 1,0 %. Eurostat attribue la hausse de la part des profits à l’écart entre ces rythmes. Cet indicateur ne donne pas à lui seul un montant de bénéfices en espèces et ne doit pas être assimilé à la rentabilité des ventes totales ou à la marge de chaque entreprise. Son champ est celui des sociétés non financières et son dénominateur est la valeur ajoutée générée par la production.
La publication fait aussi apparaître des évolutions différentes des taux d’investissement. Le taux d’investissement des ménages a diminué de 8,4 % à 8,3 %, tandis que celui des sociétés non financières a progressé de 22,5 % à 22,7 %. Eurostat indique que l’investissement des ménages concerne principalement l’achat et la rénovation de logements. Son taux correspond à la formation brute de capital fixe rapportée au revenu disponible brut, corrigé des variations des droits nets des ménages sur les réserves des fonds de pension. Pour les sociétés non financières, le taux rapporte la formation brute de capital fixe à la valeur ajoutée brute. Au cours du trimestre, la formation brute de capital fixe des ménages a augmenté de 0,5 % et celle des sociétés de 2,9 %. Ces variations trimestrielles ne sont pas les taux d’investissement eux-mêmes, et les deux taux utilisent des dénominateurs différents.
Les comparaisons de cette première publication doivent être lues avec la note de révision d’Eurostat. Par rapport aux données publiées le 27 juillet, le taux d’épargne des ménages au premier trimestre 2026 a été révisé de 14,3 % à 14,4 %, et leur taux d’investissement de 8,5 % à 8,4 %. La part des profits des sociétés non financières au premier trimestre a été revue de 38,6 % à 38,4 %, tandis que leur taux d’investissement a été relevé de 22,2 % à 22,5 %. Eurostat indique publier une première actualité et un sous-ensemble d’indicateurs environ 94 jours après la fin de chaque trimestre, puis les comptes détaillés définitifs environ 120 jours après. Les chiffres sont donc une première estimation et peuvent évoluer dans la publication détaillée ultérieure. La série est établie depuis le premier trimestre 1999 selon le SEC 2010 et couvre les 21 pays de la zone euro. Ces chiffres ne suffisent pas, à eux seuls, à établir une politique salariale, les causes du comportement d’épargne ou les investissements futurs des entreprises.


