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Une publication de l’Office for National Statistics (ONS), parue le 1er octobre 2026, estime à 974 les décès enregistrés en 2025 de personnes sans domicile en Angleterre et au pays de Galles. L’ONS indique un intervalle de confiance à 95% compris entre 908 et 1 041. Son estimation pour 2024 était de 978 et l’office considère les deux niveaux comme similaires. L’écart de quatre décès ne doit pas être interprété comme un changement certain de tendance : il s’agit d’estimations fondées sur un modèle, et l’intervalle rend leur incertitude visible. Les chiffres se rapportent à l’année d’enregistrement du décès, pas nécessairement à l’année où il s’est produit. L’enregistrement peut être ultérieur, notamment lorsqu’une enquête du coroner est menée.

Le total publié ne correspond pas simplement aux dossiers repérés directement. L’ONS a identifié 834 décès dans les données d’enregistrement pour 2025, puis a utilisé un modèle de capture-recapture pour estimer un total de 974. Le modèle ajoute ainsi 140 décès estimés au-delà des cas identifiés directement. La capture-recapture examine le chevauchement entre différentes méthodes d’identification afin d’estimer les cas qui peuvent ne figurer dans aucune source prise isolément. L’office a utilisé trois groupes d’éléments : les informations sur la résidence ou l’absence d’adresse fixe, celles du coroner et le lieu du décès. Il a d’abord recherché les cas dans les dossiers complets au moyen de plusieurs stratégies, puis des analystes ont examiné les cas ambigus ou contradictoires. Dans une seconde étape, un modèle a été ajusté pour chaque année d’enregistrement à l’échelle de l’Angleterre et du pays de Galles.

L’ONS précise plusieurs limites importantes d’interprétation. Il a retenu l’estimateur de borne inférieure Mth Chao, qu’il décrit comme robuste mais conservateur. Les estimations doivent donc être considérées comme des bornes inférieures, le total réel pouvant être plus élevé. Les sources d’éléments proviennent du même système administratif et peuvent ne pas être entièrement indépendantes. Le sans-abrisme peut ne pas être connu de la personne qui fournit les informations, de l’agent d’état civil ou du coroner, ou ne pas être inscrit dans les champs disponibles. Le modèle vise à tenir compte de certains décès non repérés directement, mais ne transforme pas l’estimation en décompte exhaustif. La définition de la publication repose sur les informations du registre indiquant que la personne dormait dans la rue ou utilisait un hébergement d’urgence ou temporaire au moment du décès ou à proximité. Elle ne correspond pas directement aux définitions des statistiques sur le sans-abrisme statutaire ou le sommeil à la rue.

Sur la période étudiée, le nombre estimé de décès est passé de 550 en 2013 à 974 en 2025, soit une hausse de 77,1% selon l’ONS. Les décès identifiés directement sont passés de 415 à 834 sur la même période. Ces séries décrivent des notions différentes : les décès identifiés sont les cas trouvés dans les dossiers d’enregistrement disponibles, tandis que les décès estimés incluent les cas supplémentaires inférés par le modèle. L’ONS indique également avoir amélioré l’identification pour les enregistrements de 2013 à 2021, ce qui a conduit à repérer davantage de décès pour ces années que dans la publication précédente. La méthode de modélisation n’a pas changé, mais les améliorations de recherche dans les dossiers ont modifié les chiffres antérieurs. Cette précision compte lors de comparaisons avec d’anciennes versions de la série, car toutes les valeurs historiques ne reposent pas sur un processus d’identification resté identique.

L’estimation 2025 comprend 833 décès masculins et 141 décès féminins, soit respectivement 85,5% et 14,5% du total estimé. Parmi les régions anglaises, Londres présente le nombre estimé le plus élevé, avec 151 décès, devant le Nord-Ouest (146) et le Sud-Est (144) ; l’estimation pour le pays de Galles est de 63. Les chiffres régionaux et par sous-groupe sont répartis à partir de l’estimation de l’Angleterre et du pays de Galles, selon la part des décès identifiés dans chaque zone ; l’ONS n’a pas ajusté de modèle distinct pour chaque région. Il recommande donc de la prudence pour les petites zones et les variations annuelles. Le taux brut de 21,3 décès par million de personnes n’est pas non plus un taux de mortalité parmi les personnes sans domicile : son dénominateur est la population générale âgée de 15 à 74 ans et le taux n’est pas standardisé selon l’âge. Ces statistiques n’établissent ni cause ni lien causal. Elles doivent être lues en tenant compte de la définition fondée sur les enregistrements, de la méthode d’estimation et de l’incertitude.